19 mars 2012

La gestion de ses émotions pour un aidant

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La gestion de ses émotions est essentielle dans le cadre de la prise en charge d’un aidant.

Généralités

Nous sommes tous des êtres émotionnels, et c’est grâce à cela que nous sommes sensibles à autrui. Grâce à nos émotions aussi que nous éprouvons du plaisir dans la vie, que nous partageons des moments de joie, que nous pouvons nous soutenir dans les moments douloureux. Les émotions ont toutes une valence soit positives/plaisantes, soit négatives/déplaisantes.

En même temps que notre personnalité s’est construite et que s’est produite notre maturation psychoaffective, un système de régulation psychique des émotions s’est constitué, qui nous permet d’évoluer en société et d’en supporter les frustrations ou les excitations.

Toutefois, certaines circonstances de la vie soumettent ce système à rude épreuve par des sollicitations émotionnelles intenses et/ou répétées. Ce peut être le cas lorsqu’on se trouve à aider une personne dépendante.

L’envahissement émotionnel

On peut dire que les émotions deviennent envahissantes lorsque nous présentons des signes de débordement psychique : 

  • irritabilité inhabituelle ;
  • humeur très changeante selon les circonstances ;
  • intolérance à la frustration ;
  • envies de pleurer fréquentes avec difficultés à retenir ses larmes ;
  • mouvements de colère (exprimés ou non) très fréquents ;
  • sentiments ou idées coupables ;
  • hyper-sensibilité et susceptibilité.

Si il est normal d’éprouver des émotions, nous les ressentons avec une plus ou moins grande intensité selon notre personnalité. Toutefois, il n’est pas sain d’éprouver que celles-ci font sans cesse irruption et vous demandent une énergie considérable pour les contenir. Ce sont des signes que vous ne parvenez plus à réguler naturellement votre équilibre psychique. Vous êtes « arrivé à saturation », « sur les nerfs » et sentez qu’il ne faut pas grand-chose de plus pour « craquer ».

Il est temps alors de réagir, de prendre acte de ces signaux d’alarme qui vous appellent au calme et au repos. Vos limites ont sans doute été atteintes, et/ou ont été trop longtemps négligées.

Une tendance naturelle, et le plus souvent inconsciente, est dans ce cas de se préserver en se mettant à l’écart des sources de stimulation qui jouent sur nos émotions. Cependant, lorsqu’on est l’aidant d’une personne dépendante, on ne peut pas toujours prendre ce recul salvateur. 

Comprendre ces mécanismes vous permettra sans doute d’être plus attentif à vous-même et de trouver les moyens de vous préserver avant de vous trouver débordé. En effet, l’état de débordement émotionnel, s’il n’est pas pris en compte, peut conduire à  d’un syndrome dépressif.  

Facteurs jouant sur l’émotionnel

  • La fatigue, est le facteur principal qui joue sur notre état émotionnel. On le sait et le remarque aisément chez les enfants qui expriment naturellement leur état de fatigue par leur agitation (colères, pleurs, excitation, rires excessifs). Chez les adultes que nous sommes, la fatigue joue de la même façon sur nos émotions.
  • La personne dont vous vous occupez peut elle-même être débordée par ses émotions du fait de ses troubles (altérations des fonctions supérieures, pathologie psychiatrique, dépendance physique importante induisant une grande dépendance affective…). Les mouvements d’humeur, d’agressivité ou les plaintes réitérées qu’elle exprime peuvent devenir insupportables et susciter chez vous des émotions violentes.
  • De façons moins dramatiques,  les simples attentes, les sollicitations répétées de votre proche peuvent également mettre à l’épreuve votre patience et votre empathie. 
  • Il arrive aussi que les personnes dépendantes aient des réactions « d’opposition passive », c'est-à-dire «se laissent aller », sans faire les efforts ou les actions qu’elles seraient en mesure d’effectuer. Votre proche se repose sur vous, affecte l’indifférence. Ce sont des formes plus subtiles d’hostilité, qui mettent aussi à rude épreuve les capacités à contenir les émotions que cela suscite en soi.
  • Certaines émotions proviennent du vécu que vous avez de la situation de dépendance de votre proche. Vous pouvez ressentir de l’angoisse, de la peur, de la tristesse à l’idée qu’il soit en danger ou ne souffre physiquement ou psychologiquement. Par exemple l’idée de laisser seul peut être très difficile pour vous ; ou bien votre sensibilité peut être touchée par les affects de votre proche déprimé, triste. 
  • Certains aspects du quotidien auprès de votre proche peuvent provoquer chez vous des émotions « gênantes » : le dégoût, la honte, la pitié, la haine. Il est souvent difficile et douloureux de prendre conscience de tels ressentis, car on se blâme de les éprouver, mais ils sont relativement courants.

Pour mieux gérer ses émotions

  • Il est très important de veiller à maintenir une bonne hygiène de vie : manger et dormir à des horaires réguliers, se reposer ou se « changer les idées » régulièrement, avoir une activité physique suffisante (ex : marcher au moins 30 mn par jour). Le respect de vos rythmes biologiques est donc essentiel à votre bonne santé, celle-ci étant le premier garant d’une bonne gestion des émotions.
  • Le sommeil est le facteur jouant le plus directement sur vos émotions. Respecter votre besoin de dormir est fondamental pour ne pas accumuler la fatigue. Celle-ci vous rendra irritable et vulnérable.
  • L’activité physique ou le sport est un excellent moyen de décharger régulièrement les « trop plein » d’émotions que vous aurez emmagasinées durant la journée. Il s’agit de trouver l’occasion de vous « défouler » dans un cadre adapté et sain.
  • Lorsque les émotions se font trop pressantes ou envahissantes, on sent que nos réactions sont en miroir : rapides et intenses. Avoir conscience de cette tendance à réagir trop rapidement peut vous permettre de chercher à différer, ou temporiser vos réactions afin de prendre du recul. Ce dernier est nécessaire pour que votre émotion retombe et que vous puissiez retrouver suffisamment de discernement pour répondre de façon adaptée, c'est-à-dire sans excès.
  • Il peut être nécessaire d’aller solliciter une aide pour vous-même auprès d’un spécialiste de l’écoute afin de mieux comprendre vos réactions émotionnelles actuelles et leurs échos dans votre histoire.
  • La pratique d’une médiation corporelle (relaxation, art martial, chant) pourra aussi vous accompagner dans ce travail sur vos émotions.  


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