30 juin 2015

Arrêter de fumer après 50 ans

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50 ans : trop tard pour arrêter de fumer ? Halte aux idées reçues: les études récentes montrent qu’au-delà de la cinquantaine, les bénéfices du sevrage tabagique sur l’espérance – et la qualité – de vie sont bien réels.

Les bénéfices du sevrage tabagique à la cinquantaine

Nous vivons de plus en plus vieux et en meilleure santé. Arrêter de fumer à 50 ans est donc tout sauf inutile: les bénéfices à court et à long termes sont même très importants. Voyez plutôt...

Jamais trop tard
« À mon âge, ça ne vaut plus la peine... » : la rengaine est connue. Sous prétexte que vous avez fumé pendant des années, vous pensez qu’il est désormais inutile d’arrêter : le mal serait fait... Une vaste étude rassemblant des données internationales et portant sur quelque 500 000 personnes vient de prouver le contraire.  Bien sûr, le risque de décès par maladie cardiovasculaire est plus élevé chez un ex-fumeur que chez quelqu’un qui n’a jamais fumé. Mais les données montrent que ce risque est toutefois réduit de moitié chez les ex-fumeurs par rapport à ceux qui continuent à fumer. 

Un risque cardiovasculaire réduit de moitié
Après 60 ans, les fumeurs sont exposés au risque de décès cardiovasculaire (infarctus, AVC...) 5,5 ans plus tôt que les non-fumeurs. Les fumeurs qui ont arrêté voient quant à eux ce risque réduit à 2,36 ans par rapport aux non-fumeurs. Au fil du temps, la différence entre une personne qui n’a jamais fumé et une personne qui a arrêté se réduit progressivement : 20 ans après l’arrêt, elle est quasiment nulle. Si vous arrêtez à la cinquantaine, vous avez donc encore tout le temps de vous refaire une santé ! 

Les bénéfices sur la santé 
Non seulement arrêter de fumer diminue les risques d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral (premières causes de mortalité dans les pays industrialisés) mais le sevrage réduit aussi le risque de développer un cancer (gorge, langue, poumons…). 

Après seulement quelques heures !
Par ailleurs, l’arrêt du tabac provoque des effets positifs sur l’organisme dès... quelques heures ! 
Ainsi, après huit heures d’arrêt, l’oxygénation du sang revient à la normale. Après 24 heures, les poumons commencent à évacuer les glaires et le goudron. Après 48 heures, le goût et l’odorat s’améliorent : vous retrouvez du plaisir à manger, vous appréciez à nouveau les arômes, les parfums. Après 72 heures, la respiration est meilleure et l’essoufflement moins rapide.
Bien entendu la rapidité de ces effets bénéfiques dépend aussi du nombre d’années de tabagisme… et de l’état de votre cœur, vos poumons, vos papilles gustatives…

Mieux dans sa peau
Par ailleurs, arrêter la cigarette vaut toutes les crèmes de beauté : le teint s’éclaircit, les rides sont moins marquées, les dents ne jaunissent plus, l’haleine redevient fraîche. Même la voix s’offre un petit coup de jeune ! Si le sevrage tabagique est souvent éprouvant, arrêter de fumer vous aidera également, à terme, à diminuer votre stress, la nicotine étant une substance très excitante. Votre maison deviendra elle aussi plus zen, loin des odeurs de tabac froid et des tissus jaunis. Quant à vos finances, inutile de dire qu’elles vont soudain avoir le moral au beau fixe ! 

Bien réussir son sevrage tabagique : trouver les bonnes motivations et se faire aider.

Arrêter de fumer est tout sauf une sinécure. Mais plus vos motivations seront profondes, plus vous aurez de chances de réussir. Entourez-vous des bonnes personnes : médecin, tabacologue, coach en ligne... Il existe de nombreux moyens de se faire aider.

La motivation personnelle
Arrêter de fumer pour faire plaisir à quelqu’un ou à cause de la pression sociale sont souvent des raisons insuffisantes pour réussir son sevrage. Afin de mettre toutes les chances de votre côté, identifiez plutôt vos motivations profondes. À la cinquantaine, de nombreuses personnes s’aperçoivent ainsi qu’elles commencent à avoir des petits soucis de santé et décident alors d’arrêter de fumer. 
Mais fondamentalement, beaucoup de fumeurs arrivent à ce tournant de leur vie en éprouvant un véritable ras-le-bol – voire un dégoût – vis-à-vis de la cigarette. Ne plus vouloir être dépendant est une très bonne motivation ! L’arrivée des petits-enfants peut également être un facteur déclenchant : vous n’avez aucune envie de faire subir aux têtes blondes qui vous entourent les méfaits du tabagisme passif, auquel les petits sont d’ailleurs les plus sensibles. 

Un beau jour...
Les Autorités de santé recommandent aujourd’hui d’arrêter du jour au lendemain plutôt que d’essayer de diminuer progressivement sa consommation : la période difficile est plus courte et d’autres habitudes peuvent se mettre rapidement en place. Déterminez un jour qui a du sens pour vous : le Premier de l’an, votre anniversaire, un lundi, le début de l’été... Néanmoins, si vous n’êtes pas encore prêt à arrêter, diminuer votre consommation n’est pas inutile : moins vous fumez, moins votre organisme souffre et plus vous avez de chances d’arrêter un jour.
Éliminez de la maison tous les vieux paquets de cigarettes ainsi que tout ce qui pourrait vous faire penser au tabac (cendriers, briquets, etc.). Même si ce n’est pas votre première tentative d’arrêt, soyez positif et dites-vous que cette fois, c’est la bonne. Des milliers de fumeurs ont déjà réussi à arrêter : c’est votre tour !

Se faire aider
Seuls 2 à 5 % des ex-fumeurs durables le sont devenus sans aide professionnelle . Et toutes les études montrent qu’en se faisant aider, on multiplie ses chances de réussite. Vous pouvez parler de votre démarche à votre médecin traitant ou à votre pharmacien mais aussi contacter un tabacologue. Ce professionnel spécialisé dans l’arrêt tabagique vous aidera à développer une stratégie d’arrêt et vous offrira un soutien tout au long de votre démarche. Consultez Tabac Info Service (www.tabac-info-service.fr ou 39 89, 0,15 €/min depuis un poste fixe) pour trouver un tabacologue près de chez vous. Sachez que si vous manquez de temps, les formules de coaching par mail se développent aussi de plus en plus. L’important est de se sentir soutenu ! 


Vaincre la dépendance physique, psychologique et comportementale

À 50 ans, on a souvent derrière soi des décennies de tabagisme. La dépendance est donc parfois plus importante que chez une personne plus jeune. Mais la motivation, en général plus forte avec l’âge, compense largement cette différence. 

La dépendance physique
La nicotine agit sur le cerveau. Elle favorise la libération de certaines substances comme la dopamine ou la sérotonine, procurant une sensation d’apaisement. Mais plus on fume, plus le corps réclame de la nicotine pour obtenir ces mêmes effets. Arrêter de fumer entraîne donc un manque physique qui se traduit par différents symptômes, variables d’une personne à l’autre : insomnie, irritabilité, anxiété, dépression, difficultés de concentration, augmentation de l’appétit, maux de tête, etc. 

Substituer pour arrêter
La tentation est souvent grande de s’en débarrasser avec une seule cigarette... C’est pourquoi les substituts nicotiniques, qui atténuent les symptômes de sevrage – sans comporter les effets hautement néfastes du tabac et des autres substances chimiques présentes dans la cigarette – peuvent constituer un soutien très utile. Néanmoins, il n’existe pas de « médicament miracle » car la dépendance comprend aussi d’importants aspects psychologiques et comportementaux. 

Aides médicamenteuses
À la différence des substituts nicotiniques (gommes, patchs et tablettes), ces médicaments sont délivrés uniquement sur ordonnance médicale :

• Le Champix®
Commercialisé depuis 2007, le Champix® (varénicline) doit être pris par des fumeurs motivés pour arrêter de fumer et bénéficiant d'un suivi. Ce médicament est en effet à utiliser avec la plus grande prudence : en 2011, il a été déremboursé à la suite de suspicions sur ses effets secondaires psychiatriques (idées suicidaires et tentatives de suicide) et cardiovasculaires.

• Le Zyban®
Le Zyban (chlorhydrate de bupropion) a initialement été utilisé aux Etats-Unis comme antidépresseur. Il est aujourd’hui utilisé comme une aide au sevrage tabagique. Il n’est pas exempt de certains effets secondaires sévères (insomnie, épilepsie...) et présente des contre-indications importantes (troubles alimentaires, sevrage alcoolique, etc.) Sa prise doit impérativement s'accompagner d'un suivi médical approprié. 

La dépendance psychologique et comportementale 
Au fil du temps, la cigarette est investie de multiples fonctions : nous rassurer, nous consoler, nous tenir compagnie, nous donner une contenance, nous récompenser, etc. Une véritable dépendance psychologique et comportementale à la cigarette se met en place. Dans ce contexte, l’arrêt de la cigarette s’assimile à une forme de deuil qui peut entraîner une « dépression réactionnelle ». 
Pour combattre les symptômes psychologiques de manque, il est important de mettre en place de nouvelles habitudes et de nouveaux rituels qui viendront combler le vide laissé par la cigarette. Les thérapies comportementales et cognitives (TCC), qui aident les personnes à modifier leurs habitudes de pensées et leurs comportements, peuvent donc s’avérer très utiles dans le cadre du sevrage tabagique : par le dialogue et différents exercices, le thérapeute va amener le fumeur à observer et à mieux comprendre le rôle de la cigarette dans son ancien mode de fonctionnement. Le tabacologue a souvent recours à cette approche cognitivo-comportementaliste mais il est également possible de faire appel à un psychothérapeute spécialisé pour un travail complémentaire. 

Le rôle de l’entourage
La cigarette tient un rôle particulier dans nos relations familiales, amicales... Nous fumons avec certaines personnes, dans certaines circonstances. Dans un cercle de fumeurs, celui qui arrête est parfois perçu comme celui qui trahit. À l’inverse, les non-fumeurs sous-estiment parfois la difficulté qu’il y a à arrêter et l’importance d’une telle décision. Il est donc utile de parler de votre démarche à votre entourage afin de vous sentir soutenu un maximum. Anticipez ensuite les situations où vous aviez l’habitude de fumer – réunions familiales, sorties, pauses… – afin de ne pas vous laisser prendre au dépourvu.

L'hypnose : une nouvelle aide dans le sevrage tabagique

L’hypnose est un état altéré de conscience qui permet à la fois de se concentrer, de se détendre et de favoriser certaines pensées. En agissant sur les mécanismes inconscients, cette technique peut apporter un soutien précieux dans l’arrêt tabagique. 

Une efficacité reconnue
L’hypnose est une technique qui se base sur la suggestion et la mobilisation de certaines « zones » de notre psychisme. Son intérêt est aujourd’hui reconnu dans des problèmes aussi divers que les phobies, la gestion de la douleur, l’insomnie, les troubles du comportement alimentaire, etc. 
En 2007, une étude présentée lors du 73e congrès de l’American College of Chest Physicians (ACCP)  a montré que les fumeurs hospitalisés pour des problèmes cardio-pulmonaires étaient plus susceptibles de stopper leur dépendance grâce à l’utilisation de l’hypnothérapie que les patients utilisant d’autres méthodes de sevrage tabagique. Plus de six mois après leur sortie de l’hôpital, la moitié des patients ayant suivi une hypnothérapie, seule ou associée aux substituts nicotiniques, étaient en effet devenus non-fumeurs, contre seulement 25 % de ceux n’ayant bénéficié d’aucune aide et 15,8 % de ceux prenant uniquement les substituts nicotiniques. 

Suggestions et associations
Dans le cadre du sevrage tabagique, l’hypnose part du principe que chez tout fumeur, il y une part qui désire et a toujours désiré se délivrer un jour de sa dépendance au tabac. Le thérapeute va tenter d’amplifier cette part en suggérant différentes pensées au patient qui va alors sélectionner celles qui lui paraissent les plus pertinentes. Par exemple, le thérapeute peut travailler sur l’association tabac-nausées, technique dite « aversive ». Il peut aussi aider le patient à se projeter dans une vie sans tabac, en en soulignant les bénéfices : plaisir de respirer, d’être à nouveau « libre »… Ces techniques sont dites valorisantes ou renforçatrices. 

En pratique
La qualité de la relation médecin – patient est décisive. Il faut que vous vous sentiez en sécurité avec votre thérapeute. Un entretien individuel préalable est indispensable pour évaluer les motivations, les caractéristiques de la dépendance, l’environnement familial et professionnel (favorable ou défavorable), les conséquences redoutées de l’arrêt tabagique (anxiété, prise de poids, etc.)... Les séances d’hypnose ont ensuite lieu en individuel ou en petits groupes. 
En général, quelques séances d’hypnose sont suffisantes pour le sevrage tabagique. Des séances de soutien supplémentaires peuvent parfois être mises en place. Néanmoins, si le sevrage n’est toujours pas atteint, il ne sert à rien de multiplier les séances. Mieux vaut attendre quelques semaines avant de renouveler le traitement d’hypnose. Certaines techniques d’auto-hypnose peuvent également être enseignées au patient par l’hypnothérapeute, ce qui renforcera son autonomie et permettra une meilleure gestion à long terme de l’arrêt tabagique. 


Pour plus d’informations sur l’hypnose ou pour trouver un praticien, rendez-vous sur le site de l’Association Française d’hypnose.


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