16 mars 2012

Gonarthrose

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La gonarthrose est l'apparition d'arthrose dans l'articulation du genou.

Qu'est ce que c'est ?

L'arthrose est une destruction progressive du cartilage et d'une partie de l'os. Le cartilage est un tissu permettant la bonne mobilité des différentes structures osseuses de l'articulation. L'articulation du genou est complexe et relie le fémur, le tibia et la rotule, formant différentes zones de contact appelées compartiments. Chacun de ces compartiments peut être atteint par l'arthrose. On parle d'arthrose fémoro-patellaire, fémoro-tibiale interne et externe.

La gonarthrose est la plus fréquente des arthroses et la première cause de douleur du genou après 50 ans. Elle toucherait 20 à 30% des personnes entre 60 et 70 ans et 40 à 50% des plus de 80 ans, avec des formes plus ou moins symptomatiques et invalidantes. Elle concerne les deux genoux dans deux cas sur trois.

Comment cela se passe-t-il ?

L'apparition d'arthrose au niveau du genou résulte d'une dégradation progressive du cartilage jusqu'à l'usure. Le vieillissement normal entraîne une synthèse de moins bonne qualité des protéines du cartilage et une diminution des cellules appelées chondrocytes aboutissant à l'usure de l'articulation. Dans l'arthrose il existe d'autres modifications encore partiellement connues touchant le cartilage et une partie de l'os de l'articulation. La gonarthrose résulte en général de problèmes mécaniques : déformation de l'articulation, séquelles de traumatisme qui entraînent une usure plus importante du cartilage.

Symptômes

Les signes sont d'apparition progressive. Il s'agit souvent d'une douleur du genou sur sa face antérieure ou latérale, plus rarement postérieure favorisée par la marche, la station assise prolongée, la montée ou descente des escaliers. Il s'agit d'une douleur mécanique. Parfois il existe un craquement, une sensation de dérobement de la jambe à la marche. Au début l'aspect du genou n'est pas modifié puis apparaît une augmentation de volume du genou, une limitation des amplitudes articulaires.

Conséquences sur la perte d'autonomie

L'évolution de l'arthrose peut être très variable d'une personne à l'autre et selon le compartiment du genou atteint. Au début s'alternent des phases de poussées douloureuses et des phases non douloureuses ; puis la gêne peut augmenter à la marche, entraînant une diminution du périmètre de marche, et lors des activités sportives. Au début de la maladie il n'existe pas de perte d'autonomie mais lors de poussées des difficultés peuvent apparaître et devenir plus présentes au cours de l'évolution de la gonarthrose.

La gêne fonctionnelle à la marche limite la durée des déplacements, la montée et descente des escaliers. Il faut pouvoir aménager ses trajets en limitant la durée à pied ou la station debout prolongée dans les transports en commun. En cas d'habitation en étage, les pièces à vivre doivent être organisées au rez-de-chaussée afin de limiter la prise des escaliers. En cas de gonarthrose très évoluée, le recours à une reconnaissance en invalidité peut permettre d'obtenir des cartes prioritaires dans les transports afin d'éviter la station debout prolongée. Lors de l'entretien du domicile, certaines tâches ménagères peuvent devenir difficiles et nécessiter le recours à une tierce personne ou l'utilisation d'outils adaptés : pelle à long manche pour éviter de se baisser, choisir un aspirateur peu lourd et prendre appui sur la jambe non douloureuse pour le passer par exemple.

Si la gêne est initialement faible, il faut anticiper la possibilité d'une évolution limitant certains gestes notamment lors de la toilette. La douche est à privilégier avec l'installation éventuelle d'un siège permettant de s'asseoir durant la toilette. L'installation de barres d'appui et de poignets au mur et dans la baignoire permet de se relever plus facilement.

Dans le salon et la chambre, les sièges avec accoudoir permettent de se relever plus facilement, et l'installation de repose-pieds évite de garder les genoux fléchis trop longtemps.

Qui est exposé ?

L'apparition de la gonarthrose résulte avant tout d'une usure mécanique. Elle peut toucher toutes les personnes. Cependant, il existe des facteurs génétiques encore mal connus favorisant l'arthrose, notamment dans les formes précoces avant 40 ans. L'existence d'une malformation des genoux participe à l'apparition de l'arthrose en provoquant des points de frottement anormaux. Ces déformations sont appelées « genu varum »ou « genu valgum » et provoque une désaxation du genou.

Tout traumatisme, même minime (lors de courses à pied répétées par exemple), peut entraîner également des déformations de l'os et du cartilage qui favorisent une usure précoce du cartilage par des frottements anormaux. Les femmes surtout après la ménopause pourraient également être plus à risque.

Enfin l'obésité est un facteur important d'apparition et d'aggravation de la gonarthrose.

Comment vivre avec et accompagner ?

Il n'existe pas encore de traitement qui guérit de la gonarthrose mais des progrès importants ont été faits permettant de vivre mieux avec la maladie et d'en diminuer le retentissement sur l'autonomie au quotidien. Il faut savoir repérer les signes de poussée et consulter son médecin pour recevoir un traitement contre la douleur adapté et refaire éventuellement des examens pour évaluer l'évolution de la destruction cartilagineuse. Devenir acteur de son suivi est important, des grilles d'évaluation permettent de surveiller l'arthrose et son retentissement sur la gêne fonctionnelle quotidienne. La personne peut remplir seule le questionnaire appelé questionnaire de Lequesne pour la gonarthrose et en parler avec son médecin afin d'évaluer le retentissement de l'arthrose sur son quotidien et adapter le traitement.

Au quotidien il faut apprendre à ménager l'articulation : éviter de porter des charges lourdes (utilisation d'un caddie), respecter des moments de repos lors des poussées, faire une activité physique adaptée en dehors des poussées pour garder la souplesse de l'articulation et la force des muscles. L'utilisation ponctuelle ou permanente d'une canne peut être nécessaire pour soulager l'articulation. Devant la présence de douleurs récurrentes se répercutant sur l'autonomie, il est normal que le moral puisse être atteint. L'entourage ne s'en rend pas toujours. Il est important de maintenir des activités choisies, les moments de plaisir diminuent l'attention portée à la douleur. La crainte d'une dépendance influe également sur le moral. L'arthrose n'est pas une fatalité, des aménagements au quotidien peuvent aider et soulager.

Comment le prévenir ?

Certains facteurs de risque sont modifiables et doivent l'être afin de prévenir ou ralentir la gonarthrose :

  • Éviter le surpoids, l'obésité en adoptant une alimentation équilibrée, l'obésité est une cause importante d'aggravation de la gonarthrose.
  • Pratiquer une activité sportive adaptée. Le vélo, la course à pied et l'athlétisme en général sont à éviter. Leur préférer la gymnastique douce, la natation.
  • Avoir une activité physique quotidienne. Si l’excès d'exercice fragilise les articulations, une marche quotidienne modérée entretien la souplesse de l'articulation et la tonicité musculaire et stimule la production de cartilage.

Lors des poussées il faut ménager l'articulation afin d'éviter une majoration de l'usure en respectant un repos quotidien, et solliciter son médecin devant toute aggravation afin de réévaluer le traitement.

Quelles décisions prendre ?

La gonarthrose peut devenir une maladie handicapante en l'absence de prise en charge. Consulter dès l'apparition des premières douleurs ou gênes fonctionnelles permet d'instaurer précocement un traitement et de dépister les facteurs de risque d'aggravation de l'arthrose. Cela peut nécessiter une modification de certaines habitudes de vie et activités sportives, qui permettront de ménager l'articulation et d'éviter un retentissement sur l'autonomie et le recours à la chirurgie. Si l'évolution entraîne malgré tout une perte d'autonomie, la chirurgie est à envisager. Il s'agit d'interventions nécessitant par la suite du repos et de la rééducation et qui doivent donc être programmées en fonction des dispositions personnelles (travail, présence d'un entourage aidant...).

Les traitements

Selon le compartiment atteint le traitement peut différer. Il est dans tout les cas médical avant tout. C'est lors d'une arthrose évoluée avec un fort retentissement fonctionnel que la chirurgie est envisagée.

Traitement médicamenteux

Le traitement a pour but de soulager la douleur notamment lors des poussées et de ralentir l'usure du cartilage. Il comprend la prise d'antalgiques comme le paracétamol et d'anti-inflammatoires lors des poussées et d'anti-arthrosiques dont l'action est plus lente, ce qui implique une prise sur un temps souvent plus long (toute l'année ou par cure de plusieurs mois). Que cela soit dans l'arthrose fémoro-patellaire ou fémoro-tibiale des infiltrations de corticoïdes dans l'articulation du genou sont également efficaces. Dans l'arthrose fémoro-tibiale les infiltrations à base d'acide hyaluronique ont également un effet antalgique sur plusieurs mois.

Traitement non médicamenteux

Ils sont essentiels et peuvent nécessiter différents intervenants par l'intermédiaire du médecin traitant :

  • rééducation par un kinésithérapeute : effet antalgique, lutte contre l'enraidissement et permet un renforcement musculaire ;
  • mesures hygiéno-diététiques : lutte contre l'excès pondéral, prise en charge par une diététicienne si besoin ;
  • éviter le port de charges lourdes ;
  • éviter la marche et la station debout prolongée ;
  • maintien d'une activité physique adaptée ;
  • port de semelle.

Toutes ces mesures font partie intégrante du traitement et permettent de ralentir l'heure d'une éventuelle chirurgie.

Traitement chirurgical

Si la gêne quotidienne devient sévère avec un fort retentissement sur l'autonomie, la chirurgie est à envisager. Il ne faut pas laisser passer le moment éventuel d'une telle décision en en parlant avec son médecin. Selon le type d'atteinte différents interventions seront proposées : arthroplastie de la rotule, réaxation, prothèse totale de genou.


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